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Les aborigènes de Taïwan. Chants, danses et rituel des tribus Bunun, Ami et Paiwan
Date de parution : 1988 Nbre/N° de page : 8 Cote : TW.4-615
Il y a 4 siècles, quand un navigateur portugais passant pour la première fois par le détroit de Taïwan baptisa du nom de "Ilha Formosa" (Belle Ile), l'archipel qu'il venait de découvrir, Taïxan était déjà peuplé par un certain nombre de tribus aborigènes appartenant aux groupes linguistiques austronésien et malayo-polynésien. Après une courte domination hollandaise (1624-1661) et espagnole (1629-1642), l'île passa sous administration chinoise en 1661. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, un grand nombre de Chinois, principalement de la région de Fukien, s'installèrent à Taïwan. Sous la dynastie Cheng Chen-Kung, les tribus aborigènes sont classées en fonction de leur degré d'assimilation à la culture chinoise Han : les Sheng-fan (sauvages bruts), les Shu-fan (sauvages domestiqués) et les Hua-fan (sauvages civilisés). La tribu vivant sur le territoire du Lac du Solail et de la Lune, intégrée à la culture Han rpit le nom de Shui-sa-Lien-Hua-fan (sauvages du Lac du Soleil et de la Lune). Les anthropologues japonias développèrent sous l'occupation japonaise, un système analogue de classification. Les peuples des plaines, déjà syncrétisés, devinrent les sauvages domestiqués et ceux des montagnes, les sauvages bruts. Les Aborigènes des plaines du nord-est de Taïwan et de la côte ouest se répartissaient en neuf tribus. Ils se sont tant rapprochés de la culture chinoise Han que leur langues ont disparu. Aujourd'hui, les seuls Aborigènes vivant à Taïwan et possédant une culture qui leur est propre, sont ceux des montagnes. Au nombre de 322.000, ils se divisent en dix tribus. Atayal, 75.995 h. Saisiat 3.884 h. Thao 264 h. Bunun 35.009 h. Tsou 7.140 h. Païwan 60.770 h. Rukai 6.801 h. Puyuma 8.125 h. Ami 120.703 h. Yami 3.461 h. Les Bunun, appartenant à une société patrilinéaire, pratiquaient ainsi que la plupart des Aborigènes de Taïwan, la chasse aux têtes comme preuve de vaillance et de virilité. L'arrivée des Chinois puis des missionnaires chrétiens a contribué à mettre un terme à cette tradition. Cependant, il est encore possible de voir dans la montagne des casiers en darnes d'ardoises où les têtes coupées étaient mises à sécher sous les yeux des villageois. C'est sur la place près des casiers de pierre, que se déroulent encore aujourd'hui les grands chants rituels. les Bunun ne dansent jamais. Ceci constitue un fait unique à Taïwan et peut-être dans tout le Pacifique. Ils accompagnent parfois leurs chants de cris et d'une gestuelle spécifique. Les occasions de chant sont nombreuses : le retour victorieux de la chasse ou de la guerre ; les hommes après avoir lancé leurs sagaies ou tiré des coups de feu entonnent le Tosasaus, les récitations de louanges, le Malastapang, les chants chamaniques, le Pis-Ta-Hu pour la guérison ou l'acquisition de la force et surtout le Pasi-but-but ou grand chant rituel de la germination du millet, céréale sacrée et base de la nourriture des Aborigènes. Pour cette cérémonie du mois de novembre, les hommes se réunissent autour du chef et, après avoir bu généreusement du vin de millet, entonnent les mélodies. Destiné à l'extase, le Pasi-But-But exige au moins huit personnes pour son exécution. Le chants des Bunun se caractérisent par la polyvocalité. Ils seraient la voix des ancêtres sortis brusquement sur la terre (dans un nid d'abeilles sauvages, déchiré par la chute du grand arbre originel) et venus enseigner à leurs descendants les harmonies produites par les vibrations des ailes des insectes. Ces harmonies sont considérées comme des prouesses vocales nécessitant une aide supra-humaine. Elles produisent des accords à la tierce, à la quatre, pour terminer les phrases mélodiques souvent sur des quintes parfaites. Le soliste est souvent soutenu par des choeurs d'hommes qui chantent trois ou quatre parties. les femmes se joignent aux hommes dans certaines circonstances. Les voix se juxtaposent et produisent des ornementations accidentelles. Souvent, la première voix commence par le ton le plus bas et grimpe dans une ascension chromatique, dont l'origine musicologique reste inconnue. Ce style de chant polyphonique semble unique, non seulement parmi les Aborigènes de Taïwan, mais aussi parmi les populations de toute l'aire du Pacifique. Les Ami seraient, sans doute, les premiers occupants de Formose, depuis plus de deux mille ans. Nombreux et belliqueux, les Ami ne cessèrent de triompher des combats harcelants menés par les autres tribus, cherchant à s'approprier les meilleures teres. Au sud de l'île, ils furent pourtant réduits à l'état de semi-esclavage par les Païwan. Les Ami du nord, redoutables chasseurs de tête jusqu'en 1850, se maintinrent sur les bonnes terres et se livrèrent, pour y demeurer, à toutes sortes de négociations après l'arrivée des Chinois. Il en résulte qu'aujourd'hui les Ami du nord possèdent une culture d'amalgames. D'origine matrilinéaire, remarquables constructeurs de maisons communautaires, creuseurs de puits profonds, bons potiers, les Ami se sédentarisent vite et pratiquent le culte des ancêtres. Au cours des rituels ils exécutent de nombreuses danses auxquelles prennent part successivement les différents groupes sociaux de la communauté : les anciens, les jeunes, les femmes et les hommes. La plus grande fête, celle de la moisson, le Kiloma'an se déroule vers le 15 août, au moment de la pleine lune. Les esprits sont accueillis puis renvoyés. C'est là qu'interviennent les prières pour la pluie. Les mariages se déroulent en général à la même période. La danse de base se décompose en figure de quatre pas, puis de deux pas, suivis de brèves flexions de jambes. Les danseurs procèdent par formation en spirale ou en ligne. Un chef de chant, muni d'un bâton à rythme, dirige la danse. Des percussions de bambous ou de métal accompagnent les polyphonies. Les danseurs et les danseuses portent des costumes de cérémonie brodés et incrustés d'élément symboliques aux superbes couleurs. La danse des Ami repose sur la glorification de l'esprit supérieur, garant du contrôle de l'univers. Les Païwan sont essentiellement connus pour leurs sculptures sur pierre et sur bois. Cette société, basée sur le système de primogéniture, est célèbre également pour ses poteries à motifs de serpent, ses dagues de bronze et ses perles de verre coloré. Très hiérarchisés, les Païwan sont divisés en nobles et gens du peuple ; les mariages entre les deux classes sont donc très réglementés. Lorsqu'un jeune homme veut séduire une jeune fille, il va lui rendre visite et entretient avec elle des relations amicales au cours desquelles il lui présentera des chants et des danses. Les parents de la jeune fille laissent ainsi faire les jeunes gens, car plus leur fille aura de prétendants, plus ils en seront honorés. Lorsque la jeune fille a choisi le jeune homme qui lui plaît (et c'est généralement celui qui chante et danse le mieux), les autres jeunes gens se retirent. Commence alors la procédure de la demande en mariage. Un ami (ou une amie) commun aux deux familles joue le rôle d'entremetteur et apporte des cadeaux aux parents de la jeune fille. Plusieurs autres échanges de cadeaux se succèdent, marquent les différentes étapes de la préparation du mariage, qui donne lieu à de grandes et longues réjouissances. mais ce n'est qu'à l'occasion du mariage d'un chef que des danses sont exécutées, les gens du peuple ne participant qu'aux chants. Il existe aussi des danses de guerriers pour célébrer les têtes coupées à l'ennemi et une danse pour faire tomber la pluie qui a lieu au cours de cérémonies chamanistes. Les Païwan utilisent des flûtes et des flûtes nasales et chantent soit à l'unisson soit en polyphonie avec deux parties et un contrepoint libre. L'échelle souvent pentatonique emprunte le mode Gong ou le mode Yu. Souvent dans les chants de cour, un solo de femmes s'élève en longues notes, tandis qu'un choeur d'hommes reprend la mélodie en l'harmonisant. Programme: Hua, Chia-Chih ; directeur artistique Hsu, Ying-Chou ; coordinateur des groupes Hsu, Tsang-Houei ; musicologue Tsai, Li-Hwa ; spécialiste de la danse Huang, Wu-Chung ; Cultural Council Hsu, Shao-Jen ; assistante. Ce programme a pu être réalisé grâce aux études du Professeur Hsu Tsang-Houet (Institut de Musicologie, Université Nationale de Taiwan) de Monsieur Hsu Ying-Chou et de Madame Hsu Shao-Jen. Les AMI vivent dans la région de Taitung, au sud-est de Taiwan. Les chanteurs polyphoniques ici présents sont du village de Malan. 1- SAPILITMOH A LADIW : Chant de bienvenue (en 4 parties). Les AMI se présentent et souhaitent la bienvenue à leur public européen. Solo d'homme, choeur mixte en polyphonie à 2 voix avec le contrepoint libre. Echelle pentatonique Mode "Yu" sol-si bémol-do-ré-fa-sol ou sur un accord mineur sol-si bémol-ré (avec do) 2- SAPAKAIF A LADIW : Chant de mariage (en 4 parties) Le matin du mariage, les parents de la mariée et leurs amis se rassemblent dans la famille du marié et frappent énergiquement le sol avec de longues tiges de bambou pour annoncer la cérémonie. Après le rituel du mariage, une fête est donnée chez la mariée ; on entonne alors un chant de félicitations adressé au nouveau venu dans la famille. Solo d'homme Choeur mixte en polyphonie à 2 ou 3 voix avec le contrepoint libre. Les soli sont plus longs, plus rythmés et plus mélodieux que le choeur. Échelle pentatonique Mode "Yu" fa-la bémol-si bémol-do- mi bémol-fa 3- KASO'AWAN A LADIW : Chant à boire (en 15 parties) Chant où les AMI louent les vertus stimulantes du vin. Solo d'homme- Choeur mixte. Le solo est varié tandis que le choeur répète un même dessin mélodique. Échelle pentatonique Mode "Shang" la-do dièse-mi-fa dièse -la-si 4- PAPKAEN TO KOLOG : Chant du gardien de buffles Habituellement chanté par les enfants trop jeunes pour conduire les buffles aux pâturages. Solo d'homme Choeur mixte qui reprend la mélodie du solo. Échelle pentatonique Mode "Gong" si bémol-do-ré-fa-sol-si bémol 5- SAPIK AGKAG : Chant de labour (en 5 parties) Chant d'homme en solo ; à la fin de chaque récit, le chanteur fait appel aux buffles. Échelle pentatonique Mode "Zhi" mi bémol-fa-la-si bémol-do-mi bémol 6- SAPI' OT OT A LADIW : Chant de sarclage d'une rizière (en 3 parties) Solo d'homme- Choeur mixte en polyphonie, à 2 voix avec le contrepoint libre. Échelle pentatonique Mode "Yu" fa dièse-la-si-do dièse-mi-fa dièse 7- SAPAKA' ORAR A LADIW : Prière pour la pluie (en 3 parties) Par temps de sécheresse, les villageois se réunissent pour faire des prières et invoquent la pluie. Le rituel se déroule dans le lit à sec de la rivière. Les villageois provoquent la colère des dieux en les insultant afin que, mis hors d'eux-mêmes, ceux-ci veuillent les chasser de la rivière en leur jetant des trombes d'eau. Solo d'homme- Choeur mixte qui répète strictement la mélodie. À la fin de chaque couplet, le chanteur lance un long cri d'appel au dieu de la pluie. Échelle pentatonique Mode "Shang" si-do dièse-mi-fa dièse-la-si 8- PAHREK A MIHAFAY A SAKALIKODA : Chant pour une récolte abondante (en 3 parties) Chant responsoriel composé par un solo d'homme et un choeur mixte à l'unisson. Échelle pentatonique Mode "Gong" do-ré-mi-sol-la-do La première partie commence par un do et finit par un sol et la seconde revient de sol à do. 9- LADIW NO MATO' SAAY : chant pour le respect des aînés (en 2 parties) S'inscrivant dans le culte des ancêtres, ce chant honore les anciens chefs de la tribu et rend hommage aux aînés. Solo d'homme- Choeur mixte. Dans la première partie, le choeur est à 2 ou 3 voix avec le contrepoint libre alors que, dans la 2ième partie, il n'est qu'à 2 voix. Les soli sont plus longs, plus rythmés et plus mélodieux que le choeur. Le chant consiste en une vocalisation sans signification. Échelle pentatonique la première partie est en mode "Yu" ré-fa-sol-la-do-ré La seconde est en mode "Zhi" fa-sol-si bémol-do-ré-fa 10- LADIW NO LAKAGAW : Chant du groupe des vieilles femmes (en 4 parties) Celles-ci vont de maison en maison pour fêter, par leurs chants, la bonne récolte. Solo d'homme- Choeur mixte. Les soli sont plus longs, plus rythmés et plus mélodieux que le choeur. Le chant consiste en une vocalisation sans signification. Échelle pentatonique Mode "Yu" fa dièse-la-si-do dièse-mi-fa dièse 11- LADIW NO SAPALAFAG : Chants d'accueil des visiteurs (en 3 parties) Solo d'homme- Choeur mixte en polyphonie, à 2 voix avec le contrepoint libre. Echelle pentatonique Mode "Yu" sol-si bémol-do-ré-fa-sol 12- SAYNOKAY A LADIW : Chant d'adieu (en 3 parties) Solo d'homme- Choeur mixte à l'unisson. Solo à l'échelle pentatonique Mode "Yu" sol-si bémol-do-ré-fa-sol Choeur modulant sur l'échelle hexatonique Mode "Yu" sol-si bémol-do-ré-mi bémol-fa-sol Les BUNUN, anciens chasseurs de tête, vivent aujourd'hui sur les hautes montagnes du centre de l'île et sont devenus cultivateurs. La plupart des rituels se basent sur la culture du millet. Ils se caractérisent par la beauté de leurs étranges polyphonies qui possèdent le pouvoir de faire germer le millet et de guérir les maladies. Comme tous les aborigènes de Taiwan, les Bunun devenus aujourd'hui catholiques ou protestants pratiquent le chamanisme. 1- MA-TI-LU-MAH : chant du retour des champs Les hommes, sur le chemin du retour, expriment leur satisfaction du travail accompli. Le son « Uh ! Uh ! » représente le poids du fardeau porté sur le dos. Ce chant annonce aux familles le retour des hommes, ainsi celles-ci peuvent les accueillir et préparer leur repas. Ce chant est une série de cris alternatifs lancés par plusieurs hommes. Les accords utilisés sont principalement une quinte fa-do ou sa transposition et une quarte do-fa ; cependant les harmonies naturelles fa-la-do sont utilisées. Quand plusieurs voix se juxtaposent, les harmonies naturelles se produisent. Parfois apparaissent quelques soli qui ne sont que des ornementations accidentelles mais qui ne modifient pas le système fondamental des accords naturels. 2- PA-SI-BUT-BUT : prière aux esprits du millet. Le millet est la nourriture de base chez les Bunun et est considéré comme un symbole de prospérité. Ce chant fait partie des rituels qui accompagnent la plantation des graines et l'éclaircissement des pousses. Les hommes se tiennent en cercle et chantent en se déplaçant de gauche à droite. Ce chant est en 2 parties, exécuté par un choeur de neuf hommes, est composé de voyelles U-I-O-A sans signification. La première voix commence par le ton le plus bas et monte selon l'échelle chromatique. La seconde voix intervient alors et accompagne la première en maintenant une tierce, une quarte ou une quinte. Quand elle atteint le ton le plus haut, la quinte parfaite est obtenue. 3- PIS-LAI : chant magique Chant de chaman pour la chasse. Pendant la cérémonie annuelle Ma-lah-ta-gia, des prières sont faites pour la chasse. Le chaman entonne ce chant pour doter les fusils d'un pouvoir magique afin qu'ils puissent toujours atteindre leur cible et pour sommer les esprits des animaux de s'approcher et de se trouver dans la ligne de mire. Ce rituel est interdit aux femmes. Solo et choeur d'hommes. Le choeur comprend 3 voix et n'utilise que 3 accords naturels do-mi-sol parmi lesquels une quinte do-sol domine. 4- PIS-HAI-MU : chant de victoire des chasseurs de tête. Après une expédition victorieuse, les guerriers entonnent un chant de triomphe dans une clairière proche du village ; les autres villageois viennent les accueillir et prennent part aux réjouissances. Choeur d'hommes. Le chant est composé de voyelles A-U-A-IA-DU-U sans signification. Il commence par une voix. La seconde entre, puis la 3ième. Ce schéma se répète continuellement. Cette polyphonie monte toujours et produit les intervalles suivants : tierce, quarte, septième et octave et quelquefois des harmonies naturelles. 5- MA-LAS-TA-PAG: récits d'exploits Un homme récite ses propres mérites et vante ses exploits tandis que le groupe des hommes et des femmes qui l'entoure, répète chacune des séquences. 6- MIS-AV-KA-HU-DAS chant à boire Ce chant est entonné lors de la consommation du vin de millet. Homme en solo et choeur mixte. Chant composé de voyelles sans signification. Le choeur comprend 2 ou 3 voix harmonisées avec un accord naturel ré-fa-la. 7- PIS-TA-HU : prière de chaman pour acquérir la puissance. Les chamanes se rassemblent pour renforcer leurs pouvoirs. Le maître de cérémonie transmet son pouvoir aux autres chamanes par l'intermédiaire d'une plante magique. Homme en solo et choeur mixte Le choeur comprend 3 ou 4 voix harmonisées avec un accord naturel sol-si-ré 8- PIS-DAI-DAD Ce chant est destiné à soulager la peine et à chasser la tristesse. Solo d'homme et choeur mixte Le choeur comprend 3 ou 4 voix harmonisées avec un accord naturel fa-la-do. 9- MAL-KA-KIV : comptine Solo d'homme ou de femme et choeur mixte Le choeur comprend 3 ou 4 voix harmonisées avec un accord naturel si bémol-ré-fa. 10- AI---E : chant de départ Les Bunun entonnent ce chant lorsqu'ils doivent d'éloigner du village pour aller travailler. Solo d'homme ou de femme et choeur mixte Le choeur comprend 2 ou 3 voix harmonisées avec un accord naturel do-mi-sol. Les PAIWAN, anciens chasseurs de tête vivent dans la région de Sandimen, près de Kaoshiung. Remarquables sculpteurs sur bois, ils possèdent aussi de nombreuses danses reproduisant dans l'espace des tracés mythiques. 1- ZIAN NUA RHRHAKA TSAN : danses des braves Autrefois, lorsqu'un conflit éclatait entre 2 villages, les tribus en état de guerre partaient en expédition ; en cas de victoire, elles revenaient avec les têtes de leurs ennemis. Les vieux guerriers chantent leurs exploits passés tout en buvant du vin, afin de renforcer la solidarité tribale et stimuler les jeunes. a) Danse traditionnelle Solo d'homme et choeur d'hommes à l'unisson. b) Lalaï Solo d'homme et choeur d'hommes. Récitatif homophonique. Solo à 2 temps lent. Chaque temps est divisé en 3: 6/8 Choeur à 2 temps rapide. Chaque temps est divisé en 2 : 2/4 c) Chant du village de Tjemukuvulan Solo d'homme et choeur d'hommes à l'unisson. d) Chant du village de Menasirijan Solo d'homme et choeur d'hommes Solo à 2 temps lent. Chaque temps est divisé en 3: 6/8 Choeur à 2 temps rapide. Chaque temps est divisé en 2 : 2/4 Le solo est mélodieux et le choeur récitatif comporte des cris. 2- MARADA MURHI QUJAI : invocation de la pluie (en 3 parties) Par temps de sécheresse, les villageois demandent à la Chamane de faire venir la pluie au moyen des prières, rituel auquel participe tout le village. La chamane prie alors le dieu de la pluie et creuse la terre à l'aide d'objets sacrés, comme pour mettre à jour une source. 3- FLUTE DOUBLE VERTICALE Cet instrument est interdit aux femmes. 4- CHANTS DE COUR ET DE SEDUCTION a) La phase de séduction À l'âge de 17 ans, le jeune garçon prend l'initiative de faire la cour à la jeune fille de son choix. Il va chez sa bien-aimée passer quelques moments amicaux. Il lui offre des fleurs, des noix de bétel, des vêtements. Si la jeune fille accepte les cadeaux, c'est qu'elle a arrêté son choix (plus elle a de prétendants plus c'est un honneur pour les parents) et elle donne en retour un foulard comme témoignage de son amour. Après cette période platonique, les amoureux se déclarent alors leur amour mutuel et c'est par le chant et la danse qu'ils exprimeront leurs sentiments. b) La demande en mariage Les parents du jeune homme envoient un entremetteur chez la jeune fille et, au cours de cinq visites consécutives, les comblent de cadeaux, espérant ainsi obtenir leur accord. Une fois le rite de la présentation des cadeaux accompli, les 2 familles fixent une date pour le mariage. - 1er chant de séduction Solo d'homme ou de femme et choeur mixte à 2 voix récitatives polyphoniques. L'une d'entre elles maintient le bourdon. Système à intervalles courts : 3 notes dans une quarte sol-la (si)-do où si est une ornementation accidentelle. - 2ème chant de séduction Solo d'homme ou de femme et choeur mixte. Mêmes mélodies et chant homophonique. Echelle pentatonique Mode "Gong" la- si-do dièse-mi-fa dièse. - 3ème chant de séduction Solo d'homme ou de femme et choeur mixte. Le choeur comprend des voix d'hommes et une voix de femme en solo. Le solo de femme s'étend en notes longues et les voix d'hommes du choeur répètent le dessin mélodique par de courtes notes en contrepoint. Le solo et les voix d'hommes du choeur utilisent des intervalles courts : 4 notes dans la quinte la-si-do dièse-mi. Le solo de femme utilise l'accord naturel la-do dièse-mi. 5- CHANTS DE MARIAGE Le jour du mariage, le jeune homme et sa famille apportent des cadeaux aux parents de la jeune fille qui se rend ensuite dans la maison du fiancé où a lieu une fête au cours de laquelle ils échangent des coupes de vin. Après la cérémonie, tous les célibataires du village suivent les invités, boivent, dansent et se réjouissent. - 1er chant de mariage Choeur de femmes à l'unisson en récitatif. Echelle pentatonique la première partie est en mode "Yu" la-si-ré-mi-fa dièse- La seconde est en mode "Gong" sol-la-si-ré-mi- - 2ème chant de mariage Choeur mixte - Polyphonie à 2 voix avec contrepoint libre. Les intervalles produits par les 2 voix forment des secondes, tierces, quartes, quintes, sixièmes et septièmes, les quartes étant prédominantes. Les voix de femmes emploient 4 notes dans la quinte ré-(mi)-fa-sol-la, le mi étant l'ornementation. - 3ème chant de mariage Choeur mixte. Echelle pentatonique mode "Yu" mi-sol-la-si-do-mi- (probablement influencé par le chant des tribus Ami). - 4ème chant de mariage Choeur mixte. Echelle pentatonique mode "Yu" si-do dièse-mi-fa dièse-sol dièse. si se terminant en mi.
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Type Manifestation : Musique Lieu Manifestation : Théâtre de l'Alliance Française, Paris Festival et Manifestation : Pacifique 88
b-Disque :
Polyphonies vocales des Aborigènes de Taïwan. Vocal polyphonies of Taiwan Aborigines. Ami, Bunun, Païwan et Rukaï.
, 1989
i-Photo :
Les aborigènes Ami de Taïwan. Chants, danses et rituel.
26-19/05/1988
i-Photo :
Les aborigènes Ami de Taïwan. Chants, danses et rituel.
26-19/05/1988
i-Photo :
Les aborigènes de Taïwan, vue d'ensemble.
26-19/05/1988
i-Photo :
Les aborigènes Bunun de Taïwan. Chants, danses et rituel.
26-19/05/1988
i-Photo :
Les aborigènes Païwan de Taïwan. Chants, danses et rituel.
26-19/05/1988
i-Photo :
Les aborigènes Païwan de Taïwan. Chants, danses et rituel.
26-19/05/1988 |
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